La loi de Murphy et la gestion du risque

Connaissez-vous Murphy en gestion du risque ?

La loi de Murphy … et ISO 9001 2015

Cette loi stipule que « S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins une de ces façons entraine une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un, quelque part, pour engendrer cette catastrophe».

Est-ce que ça vous fait penser à quelque chose, à quelqu’un ou à une situation vécue récemment ?

En entreprise, nous sommes tous confrontés à cette loi. Par exemple:

      • Un nouvel employé se blesse durant sa période de probation et cause un déversement dans l’environnement;
      • Une machine critique à la production brise et la pièce requise est justement en rupture de stock chez le fournisseur en Chine.
      • Un problème de qualité est détecté avant l’expédition chez un gros client et on découvre qu’il y a eu un problème avec la matière première de notre fournisseur unique (entreprise vendue récemment à des étrangers).

Si vous ne prévoyez rien pour minimiser l’impact de ces problèmes ou pour éviter leur répétition, vous faites un choix: le choix que ces problèmes reviennent vous hanter. Vous ou vos employés vous retrouvez à jouer constamment au pompier. Pire, vous vous êtes habitué à jouer au pompier et vous pensez que c’est normal, bien que harassant à la longue, n’est-ce pas ? Mais comment faire pour sortir de ce piège infernal, coûteux et épuisant?

1. Sortez votre tête de l’autruche qui a la tête dans le sable !

Secouez vos pensées magiques ! Les pattes de lièvre, les trèfles à quatre feuilles et les fers à cheval n’y changeront rien. Avec Murphy, tout est une question de temps et de statistique. C’est comme la pyramide de Bird en santé et sécurité (voir ci-dessous). Vous n’êtes pas chanceux. Vous n’avez juste pas encore atteint le nombre suffisant  d’événements à risque pour avoir un accident grave.

Pyramide de Bird En équipe multidisciplinaire, on doit identifier les problèmes existants (ou latents) et anticiper leur aggravation. Une analyse de risque doit être faite pour chacun de vos processus de gestion, en tenant compte des risques en santé & sécurité, en environnement, en qualité et en production.

2. Utilisez la loi de Murphy pour concevoir et améliorer vos processus de gestion

On peut décider de composer avec la loi de Murphy. On conçoit tout système, tout processus de gestion comme si cette loi était toujours vraie (et par expérience, c’est souvent le cas ! ;0). Par exemple, un équipement doit être à l’épreuve, non seulement des accidents les plus improbables, mais aussi des manœuvres les plus stupides de la part de l’utilisateur.

Un autre argument pour vous inciter à passer à l’action: les norme ISO 9001 : 2015 et ISO 14 001: 2015 demandent aux entreprises enregistrées de démontrer leur gestion du risque pour tous leur processus et surtout à mettre en place un plan d’action pour les éliminer ou pour réduire les risques les plus important.

3. Évaluer et gérer les risques, comment faire ?

Voici une méthode simple que j’utilise avec mes clients en 3 étapes :

a)     Identifier les risques: qu’est-ce qui pourrait aller mal ?  Cet exercice est fait en équipe multidisciplinaire pour chacun de vos processus (achat, production, entretien, etc).

b)     Décrire les risques (qu’est-ce qui est arrivé déjà ou qui pourrait arriver? Quels seraient les effets ?)

c)     Évaluer les risques (Est-ce que c’est déjà arrivé? Quand ? à quelle fréquence ? Quelles seraient les conséquences pour l’entreprise si cela se produisait ?)

On pourra ensuite construire un tableau des principaux risques et en établir la criticité:  (Fréquence x Impact) = Criticité faible, moyenne ou grande.

  • Si un risque est faible, on peut décider de l’accepter et de vivre avec.
  • Si un risque est évalué moyen : on peut décider de transférer le risque (à un fournisseur par exemple) ou de compenser le risque par une méthode de travail adaptée ou en formant nos employés sur une méthode particulière pour limiter les effets négatifs.
  • Si un risque est évalué très élevé pour le personnel ou l’entreprise: il faut analyser comment le réduire et le contrôler.

La méthode AMDEC (FMEA en anglais) qui signifie analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité est une autre méthode bien structurée pour évaluer les risques au niveau des équipements, des produits, des procédés et des processus. Elle permet de comprendre pourquoi vos équipements subissent des défaillances ou que vos procédés et processus entraînent des accidents, des déversements, des erreurs, des produits non conformes et des plaintes clients. J’offrirai prochainement une formation pratique sur le sujet pour ceux que ça intéresse.

En conclusion, l’amélioration continue de nos processus de gestion, en utilisant la loi de Murphy, rend votre entreprise et vos processus de gestion plus robustes aux erreurs et à la non qualité. Cette démarche contribue aussi à un meilleur climat de travail, votre équipe est plus heureuse et vos clients plus satisfaits.

Et vous, comment gérez-vous votre ami Murphy dans votre entreprise ou votre organisation ?

Vous avez besoin d’aide pour rendre vos processus de gestion ou vos procédés plus robustes à la loi de Murphy ? Contactez-moi pour savoir comment je peux vous aider à composer avec ce cher Murphy.

 

Vous pensez que ce sujet pourrait intéresser quelqu’un que vous connaissez ? N’hésitez pas à partager mon billet sur vos médias sociaux ou directement par courriel !

2 réponses
  1. CROATTO says:

    je commente votre discussion sur LinkedIn , étant dans le domaine de l’aérien avec ses réglementations strictes, CRM et Facteur humain en plus , ce que certain ne veulent plus entendre mais qui est une source d’incident dans la pyramide des risque.

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    • Sylvie Rioux says:

      Merci M. Croatto pour votre commentaire. Je comprends bien les facteurs de risque humain moi aussi, ayant travaillé pour des clients dans le domaine des centrales nucléaires. Certains domaines sont plus critiques que d’autres et bien encadrés par des lois et règlements. La gestion de risque sous l’ISO 9001 2015 pour d’autres types d’industries (ex.: la construction, le domaine forestier) sera un nouveau défi car les gens sont moins au courant de ces notions. Bonne continuité !

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